André
Syrota salue les chercheurs et leurs partenaires, les associations de malades
André Syrota, Président-Directeur Général de
l’Inserm et président de l'Aviesan (Alliance nationale pour les sciences de la
vie et de la santé) a plaidé
la cause des chercheurs français à l’occasion de
Le Quotidien de
Médecin, 27/05
Un
rythme scolaire qui "maltraite"
les élèves ?
Le ministère de l'Éducation nationale
annonce, pour septembre, l’expérimentation d’un nouveau rythme scolaire dans les
collèges et les lycées qui se porteront volontaires, un rythme inspiré de la
semaine allemande : concentration des cours durant la matinée,
l’après-midi étant réservée au sport et à la détente. Hubert Montagner, psycho-physiologiste,
ancien directeur de recherche à l’Inserm, s’insurge : "Comme d'habitude, on tronçonne les questions
sans les résoudre. (…) C'est la journée en entier qu'il faut considérer. [Une
telle expérimentation] n'a pas de sens si l'on ne modifie pas, parallèlement
les programmes, qui sont démentiels. Les enfants sont épuisés [ou] sont largués",
ils finissent par prendre l’école en grippe.
Le Quotidien de
Médecin, 27/05
SEP :
pourquoi certains malades résistent à l’interféron-β
Des chercheurs américains et
néerlandais, dirigés par Lawrence Steinman (université Stanford), croient
savoir pourquoi presqu’un tiers des personnes frappées par la sclérose en
plaques ne réagit pas au traitement classique qui fait intervenir l’interféron-β. Les lymphocytes T CD4+ ne sécrèteraient
pas les mêmes substances selon les individus, certains produisant de
l’interféron-φ, d’autres de
l'interleukine-17. Ce constat a été établi sur des souris et partiellement
vérifié par l’analyse du sang de malades humains : le premier groupe
répondait bien à l’interféron- β, la
maladie empirait parmi les individus du second groupe. David Brassat
(Inserm, Toulouse) : "On peut
imaginer la mise au point d'un test diagnostic simple capable de mesurer le
taux d'interleukine-17 dans le sang des malades. Cela permettrait de
distinguer les patients présentant un faible taux sur lesquels l’interféron-β aurait plus de chance d'agir, de ceux au taux élevé pour
qui son efficacité risque d'être trop faible."
Grippe
A et femmes enceintes
Odile Launay coordonne une étude Inserm
traitant de l'impact que la grippe A, en France, a pu avoir sur les femmes
enceintes. Les résultats de cette enquête, menée auprès de 900 femmes suivies
jusqu'à leur terme, devraient être publiés en septembre prochain. Moins de dix
cas de grippe ont été constatés, et aucun d’entre eux ne s’est avéré grave.
Des chercheurs du National
Institute of Allergy and Infectious Diseases ont testé avec succès, sur des
chimpanzés, un candidat vaccin contre Ebola. Il serait efficace contre les deux souches les plus pathogènes du
virus, souches identifiées en 1976, mais aussi contre une nouvelle souche
identifiée en 2007.
Le Quotidien de
Médecin, 27/05
La légalisation des paris sur Internet
a inspiré, au mensuel Sciences et Avenir,
un dossier sur "la fièvre du jeu",
ses mobiles et ses addictions. Alors qu’"apparaît, pour la première fois dans nos sociétés, un type de jeu
entièrement lié à l'extension des techniques de communication", l’Inserm
indique qu’il est impossible de déterminer le nombre des "joueurs en danger", ni même d’en
tracer les profils. "Le joueur n'est
pas celui qui joue, mais celui qui rejoue", affirme un sociologue. L’Inserm
s’interroge encore sur le rôle du stress, "et la sécrétion de molécules endogènes générée par cet état" :
reproduisent-ils "les effets
neurochimiques des drogues classiques, dites d'abus" ? Le fait
que certains joueurs pathologiques soient exempts de toute autre addiction et
trouble psychique associé encouragerait à le penser, selon le Dr Venisse. Sciences et Avenir signale, au passage,
que certains traitements antiparkinsoniens provoquent des "troubles compulsifs inattendus". A
fortes doses ces molécules, prescrites pour combler le manque de dopamine,
créent parfois des "comportement
compulsifs et répétitifs tels le jeu pathologique, mais aussi des achats
répétés ou une hypersexualité."
Sciences et Avenir,
juin 2010
Les
nouveaux concepts de la mémoire
Francis Eustache et Béatrice Desgranges
publient ‘Les Chemins de la mémoire’
aux éditions Le Pommier/Inserm. Les auteurs font le point sur les découvertes
et les "nouveaux concepts"
formulés durant la décennie sur le sujet. Francis Eustache : "On sait désormais qu'il ne faut pas parler
de ‘la’ mémoire, mais de différents systèmes. On distingue ainsi les mémoires
de travail, épisodique, procédurale, sémantique, perceptive. Ces systèmes
peuvent fonctionner ou être altérés indépendamment les uns des autres."
La médiatisation des pathologies de la mémoire, comme la maladie d’Alzheimer, a
"provoqué une prise de conscience de
sa complexité et de sa fragilité". Quelles "recettes pour ‘booster’ sa mémoire ?", interroge
l’intervieweuse. Francis Eustache : "La meilleure méthode est de maintenir des relations sociales, d'être
actifs, ce qui peut se décliner selon les intérêts de chacun."
Sciences et Avenir,
juin 2010
La biologie cellulaire boostée par l’informatique
Un
ambitieux projet de recherche en biologie cellulaire est lancé autour d’une
plateforme logicielle de biosimulation. Elle est capable de simuler l’action
d’une molécule sur les cellules humaines et d’anticiper, le cas échéant, des
problèmes de toxicité. L’outil informatique devrait aussi permettre d’écarter
plus rapidement des essais les nouvelles molécules ne présentant pas un intérêt
thérapeutique suffisant. L’oncologie est le domaine où ce programme, baptisé ‘Biointelligence’,
laisse miroiter le plus d’espoirs. Une dizaine de partenaires industriels et
académiques ont signé avec Dassault, concepteur de la plateforme, pour une
période de cinq ans. Le projet dispose d’un financement de 118 millions
d’euros, 46 millions émanant d’Oseo. Grâce à cette plateforme, "les
mondes de l’informatique et de la biologie se rencontrent pour la première fois",
se félicite Christophe Thurieau, vice-président de la recherche
translationnelle chez Ipsen. Le projet va notamment permettre la constitution
d’une immense banque de données biologique, sorte de "laboratoire virtuel" qui facilitera la mutualisation des
connaissances sur le fonctionnement du vivant, et nourrira les collaborations
entre la recherche publique et les industriels.
Les Echos, 28/05


